Marre.
Il y en a marre de ces pélucres (c’est comme ça qu’on le désigne chez moi, l’incapable, l’incompétent, le bon à rien qui se mêle de ce qu’il ignore …) qui nous ont noyé aujourd’hui sous les reportages “en direct de Roissy (d’)où l’on fait le point immédiatement sur les dernières informations …”.
Informations ?
Quelles informations ?
Je vous passe les “un Airbus A447 a disparu des écrans-radar …”, les “à 4h30 GMT …”, les “le Pot-au-noir redouté des navigateurs de la Route du Rhum …”, “une cellule de crise au Quai d’Orsay …” et autres détails croustillants censés laisser croire qu’à défaut de connaître la situation, on en maîtrise la compréhension …
Outre les conneries crasses déversées sur les ondes, nos porte-micros homologués se sont livrés à leur activité habituelle, celle de surfer sur l’émotion au détriment de la plus mince réflexion, le but, avant tout, étant de ne pas se faire griller par RTL, France 2 ouTF1 ….
“Quelle est l’ambiance actuellement à Roissy ?”
” Et bien, ici, c’est une atmosphère tendue qui prévaut, les visages marqués par la tristesse des proches venus attendre un frère, un mari, un ami….”
Et quoi, vous vous attendiez à un carnaval avec défilé de samba ? Ca c’est de l’info, coco, les parents des victimes pleurent !
Au fait, Ducon, c’est quoi un Airbus A447 ? Ca fait combien en euros 4h30 GMT ? et les Antilles, tu les mets dans quel hémisphère ?
Ducon n’a pas répondu, ma télé ne fonctionne que dans un sens, comme un égout.
Y a-t-il des zones de pêche à proximité de l’endroit supposé du crash ? Les avions à CDVE (commandes de vol électriques dont Airbus est le précurseur dans le domaine civil) sont ils plus vulnérables aux effets d’un foudroiement en vol ? L’angoisse des proches ne vaut-elle pas qu’on se taise un moment tant qu’on a rien d’utile à dire ? Pourquoi la disparition de 230 passagers et membres d’équipage d’un avion de ligne dans l’Atlantique mérite-t-elle plus d’espace médiatique que la disparition mensuelle de centaines d’immigrants clandestins en Méditerranée ? Pourquoi tant d’envoyés spéciaux et de correspondants à Roissy ou à Rio et si peu au Darfour, au Sri-Lanka ou même dans une usine française qui délocalise ?
A toutes ces interrogations (dont certaines, je l’accorde, n’appellent pas de réponse immédiate) aucun écho.
A force de confondre communication et information, nos blaireaux cathodiques ne se rendent même plus compte de leur insignifiance toxique.
Crevez-tous, mais, par pitié, en silence !
Raaaah, ça soulage !